Une toute petite localité dans le val de Villé, la montagne tout autour, un gymnase avec le sol bitumé, un côté muré, deux côté en bois, un côté grillagé.
Attenante au gymnase, une salle des fête qui va servir de dortoir et de salle d’activités.
A 50 m, l’hôtel-restaurant des Sapins tenu par Yves Adrian, son épouse Eliane et sa fille Murielle.
Voilà le cadre dans lequel, trois années consécutives, les basketteurs folklingeois vont préparer leur nouvelle saison « comme des pros »!
Fred Guyot et Jean-Luc Fischer se souviennent :
« Des seniors et des cadets voulaient reprendre contact avec le basket après la trêve estivale, mais aussi passer un bon moment entre amis.
La première année fut une réussite. Ils étaient onze, des copains d’abord, comme chantait Brassens: Régis, Fred, Joule, Tchitcho, Gougoule, Schocks, Mac, Jeff, Houpsat, Pierre, Pitsch....
La remise en forme et les exercices de basket étaient sérieux, le cadre idyllique, les soirées relaxantes, les rapports avec les propriétaires du restaurant amicaux et revigorants. Bref tous les ingrédients étaient réunis pour la réussite du séjour. Tout le monde en est revenu enchanté, se promettant bien de rééditer l’expérience l’année suivante.
Pour clôturer le stage, les Folklingeois ont assisté au match Mulhouse (N 1A) contre Kaysersberg (N3) à Ohnenheim. Contact fut pris avec les dirigeants et les élus de ce village pour une visite de leurs installations. Des élus de Folkling et des membres du Club se sont rendus à Ohnenheim pour se faire une idée des installations qu’on pourrait faire à Folkling.
« Le 2 septembre 1991 à 6h30, les « fêlés du basket » démarrent en vélo: GVC ( Jean-Luc Fischer), Marc Szymanski,, Gougoule ( Christophe Schowing), Pierre Demmer, Tchitcho ( Patrick Fischer), Régis Martiné, Fred Guyot, Houpsat ( Hubert Schwartz) et même le Président Hubert Guyot et sa fille Virginie enfourchent leurs vélos, direction Lalaye, 148 km .
Emilie, Juju, Thérèse et Armand suivaient avec les voitures-balai : le combi de la Commune et la voiture du Président. Eric Piccirilli, Fournier et Mac (Christophe Reb) rejoindront en voiture.
« Malgré quelques abandons en fin de parcours (nous tairons le noms de ceux qui ont faibli), nous avons mis un point d’honneur à rallier Lalaye »
« Nos jambes étaient dans un tel état en arrivant que nous ne pouvions plus voir un vélo. A peine arrivés, nous les avons jetés dans le combi pour le voyage retour immédiat à Folkling. Ce qui n’était pas prévu. Fini les bonnes résolutions de faire les déplacements sur place en vélo ! »
« Le lendemain, au réveil, nous nous sommes regardés en grimaçant et d’un commun accord, nous sommes tournés dans nos sacs de couchage, délaissant les bonnes résolutions et le footing prévu.
Le mal de jambes nous a poursuivi durant tout le séjour qui avait perdu son appellation « remise en forme ». Il fallut les mains miraculeuses de notre masseur Régis et la potion magique Vit-up pour redonner du tonus à tout le monde. »
Au menu des activités : lever 6 h, footing, petit-déjeuner, basket, déjeuner, basket, dîner, activités artistiques (soirées vidéo, création artistique avec le personnage Luciola…), dodo. Le tout entrecoupé de longues séances de rigolades régénératrices et chansons anti-stress, avec un couplet pour toute personne se présentant au stage. Le séjour s’est clos par un match contre les indigènes puis nous avons fait honneur au baeckeofe qu’Yves nous avait préparé. »
« Le 31 août 1992, les membres du même clan accompagnés de jeunes loups plus virulents se retrouvent au même endroit. »
Le programme, s’il fut avant tout sportif, fut agrémenté de quelques virées nocturnes mémorables. Les repas « diététiques » étaient composés des spécialités alsaciennes, fortement arrosées de Blanc d’Alsace ; préparées par le chef Yves. »
Pierre Demmer, entraîneur à l’époque, raconte :
« C’est à la fois, si loin et si proche, le début des années 90…Nous avions décidé de nous mettre au vert dans les Vosges. C’était une première dans l’histoire du club et je me suis vraiment impliqué « à tous les niveaux » durant ce stage.
Hubert avait trouvé un point de chute splendide. Toutes les conditions étaient réunies pour faire de ces quelques jours une réussite totale.
Avec Christophe, nous avions planché pour élaborer le programme de Lalaye 1 : niveau sportif, nous étions au point.
La suite du séjour allait montrer que nous l’étions encore plus dans le domaine extra-sportif. Dans le premier séjour, les talents vocaux s’étaient exprimés pleinement. Mais c’est surtout lors du deuxième séjour que la vocation artistique de la bande s’est affirmée. J’avais dans l’idée, avec ces stages, de créer des équilibres différents entre les individus. Il fallait pouvoir se rendre compte que le « cireur de banc » du samedi soir pouvait être un « tueur » dans d’autres disciplines.
La magie du groupe, l’alchimie de la jeunesse, la douceur de la fin de l’été, le cadre, la folie des uns et des autres, a permis beaucoup plus encore. L’équipe de basket s’est transformée en troupe de théâtre. Un grand souvenir pour les participants que cette méga-production qui a vu « Super-moine Jean-Marc » affronter « Super-Moïse Pitch » pour sauver « Super-momie Christophe » des bras de ses parents indignes, « Schnekgirl Régis » et « Schneckman Fred ». J’étais devenu « Luciola »…, un héros que, malheureusement, on n’a plus l’occasion de rencontrer.
Il y avait, bien sûr, d’autres participants moins jeunes, Patrick et Hubert, avec qui j’ai le plaisir aujourd’hui, de jouer en vétérans et des plus jeunes qui ont tous disparu du paysage.
Dans nos mémoires également, le « Godard » de Lalaye, Jean-Luc : ses prises de vues, avec le temps, prennent une saveur toute particulière. Un élan vital mis en boîte, un délire orchestré et filmé qui nous rappelle qu’il ne faut pas trop se prendre au sérieux. Une bonne tranche de vie, comme une cerise sur le gâteau. »